Il va falloir se faire une raison : Ronnie est passé de l’autre côté de la barrière et fait maintenant du business, quand il n’a pas de problème judiciaire à régler. De passage à Paris, il était ce jeudi au Parc des Princes pour parler de l’application française FootSider – « le LinkedIn du football » – dont il est cofondateur avec notamment Yacine Brahimi. On y était, même si c’était pour voir l’idole seulement un petit quart d’heure.

On était à l’apparition de Ronaldinho pour le lancement de FootSider

« Tu crois qu’on a une chance de le voir ? » lâche à un journaliste une mère de famille, qui passe avec sa poussette et ses deux mioches devant l’entrée de la fameuse porte L du Parc des Princes. Les féminines y ont arraché la veille leur ticket pour le dernier carré de la Ligue des champions, mais, ce jeudi, c’est pour une tout autre raison que plusieurs dizaines de personnes s’amassent rue du Commandant-Guilbaud : Ronaldinho est de passage au cœur de son ancien jardin, dans un relatif anonymat tout de même. Car ce n’est pas vraiment pour se remémorer ses souvenirs au PSG (2001-2003), au contraire d’octobre dernier quand il était apparu lors de la réception de Leipzig, que le Ballon d’or 2005 a fait le déplacement porte de Saint-Cloud. Officiellement retraité depuis janvier 2018, il a depuis connu des tonnes de nouvelles aventures et se présente aujourd’hui en tant que cofondateur de l’application FootSider, « le LinkedIn du football » censé mettre en relation clubs et joueurs.

Feinte, casquette et seconde chance

Quand Ronnie passe à Paris, c’est toujours une fête. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il apparaissait à 2h du matin à la soirée du rappeur PLK, qui célébrait son triple disque de platine. Quelques heures plus tard, le voilà donc présent dans l’auditorium du Parc, affublé de ses énormes lunettes de soleil, d’un sweat promouvant son nouveau projet et de sa traditionnelle casquette, après avoir feinté la petite horde de photographes en empruntant une autre porte que celle prévue initialement. FootSider, c’est donc une plateforme qui sera lancée fin avril et aura pour ambition de mettre en liaison des joueurs amateurs (profils statistiques à l’appui) et le monde professionnel.

À destination, donc, de jeunes éléments passés sous les radars des centres ou tout bonnement recalés aux portes du monde pro. Lancée en France tout d’abord, l’application aura pour vocation « de se développer en Afrique, mais aussi au Brésil et en Amérique du Sud » . Pour cela, les cofondateurs Rihane Mouhib et Alexandre Bonhomme se sont bien entourés avec, en guise d’investisseurs, Ronaldinho, mais aussi Yacine Brahimi (32 ans), aujourd’hui joueur d’Al-Rayyan au Qatar et qui parrainait déjà « l’Académie Seconde Chance » , qui organise des détections en France ou à l’étranger et dont FootSider vient prendre la roue.

« À mon époque, quand j’étais petit, beaucoup de mes copains qui étaient talentueux n’ont pas réussi à devenir footballeur. Je pense que FootSider peut donner une seconde chance à plein de joueurs. »R10

« Il a eu cette sensibilité dès qu’on a parlé des jeunes »

La connexion avec Ronnie, elle, s’est faite via son frangin aîné Roberto (visiblement lui aussi adepte du « shaka » ), contacté au culot par l’équipe. « Quand mon frère a commencé à me parler de FootSider, j’ai beaucoup aimé, contextualise Ronnie en français. À mon époque, quand j’étais petit, beaucoup de mes copains qui étaient talentueux n’ont pas réussi à devenir footballeur. Je pense que ça peut donner une seconde chance à plein de joueurs. C’est pour cela que j’ai suivi ça attentivement, et on a fait beaucoup de choses ensemble. » « Au début, on voulait juste qu’il soit ambassadeur, et en fin de compte il est associé-investisseur. Il a eu cette sensibilité dès qu’on a parlé des jeunes » , témoigne Rihane Mouhib au sujet de R10. Brahimi parle lui d’ « une application qu’on aurait rêvé d’avoir durant notre jeunesse » et insiste sur « l’action sociale » que représentent leurs investissements dans ce projet.

© Jérémie Baron

L’appli promet même, en plus d’opportunités diverses, des conseils de coachs, préparateurs physiques ou mentaux… Et ceux de Ronnie et Brahimi, évidemment. « Trouver le nouveau Ronaldinho ? J’espère que oui, répond le principal intéressé. Nous voulons aider les jeunes à réaliser leurs rêves de devenir footballeur. Ce serait une bonne chose pour le foot et tous ceux qui aiment le foot. » Maître de cette courte cérémonie, le présentateur Saber Desfarges se paie la star au moment d’inviter l’assemblée (parmi laquelle figure Nicolas Anelka) à aller prendre part au cocktail : « Ronnie, tu nous montres le chemin ? » Et la confirmation que le sourire du champion du monde 2002 est resté intact, lui.

PAR JÉRÉMIE BARON, AU PARC DES PRINCES